iiuL’insémination avec le sperme du conjoint est une idée ancienne. Les premiers résultats ont été publiés par Hunter, médecin anglais, en 1789.

Elle consistait à déposer le sperme du conjoint dans le vagin ou dans le col de l’utérus. Ses faibles taux de succès  (2 à 4%) ont conduit à son abandon au début des années 80  au profit de la FIV

La technique utilisée aujourd’hui date des débuts des années 90 et  bénéficie des progrès que la pratique de la FIV a  apportés dans la connaissance des étapes de la fécondation et dans la maitrise de la préparation du sperme.

Elle associe une stimulation, un monitorage de stimulation biologique et échographique, un déclenchement de l’ovulation et enfin une insémination intra utérine (IIU) de spermatozoïdes, préparés au laboratoire, au moment de l’ovulation

Avant d’être mise en œuvre, il faut s’assurer:

– Que les trompes sont perméables, soit par un examen radiologique, l’hystérosalpingographie, soit au cours d’une intervention chirurgicale, la coelioscopie, par une épreuve au bleu.

Cette perméabilité est indispensable pour que les spermatozoïdes puissent atteindre l’ovule.

– Que l’on disposera d’au moins d’un million de spermatozoïdes mobiles par un examen de laboratoire, le test de migration survie, réalisé lors d’un spermogramme. En dessous de ce chiffre, le taux de succès des inséminations chute.

Ses principales indications sont:

– Les problèmes de glaire cervicale (absence de glaire, glaire hostile) gênant l’ascension des spermatozoïdes dans l’utérus.

– L’hypofertilité masculine modérée

– L’infécondité inexpliquée

– Les troubles de l’éjaculation en relation avec des malformations, des troubles neurologiques (paraplégie).

– Les inséminations avec du sperme de donneur.

 

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La stimulation repose sur des médicaments injectables contenant de la FSH (Fostimon®, Gonal F®, Ménopur®, Purégon®) parfois précédés de citrate de clomiphène (Clomid®, Pergotime®). Elle doit être « paucifolliculaire », c’est à dire permettre l’obtention de 2 à 3 follicules matures et donc de 2 à 3 ovules. Avec un follicule, les chances de grossesse sont plus faibles; avec plus de 3 follicules, le risque de grossesse multiple augmente. Le monitorage de l’ovulation (prise de sang, échographie) permet de vérifier que l’on reste dans ce cadre et de déterminer le moment optimal pour déclencher l’ovulation par de l’hCG  (Ovitrelle®).

L’insémination se fait environ 36 heures après le déclenchement de l’ovulation. Elle est réalisée, après la mise en place d’un spéculum à l’aide d’un fin cathéter que l’on introduit  dans la cavité utérine en passant par le col. Après s’être reposée un quart d’heure, la patiente peut reprendre ses activités normalement. Un traitement par progestérone par voie vaginale est prescrit à partir du lendemain de l’ovulation pour faciliter l’implantation de l’embryon dans l’endomètre.

Les inséminations intra utérines menées de cette façon permettent par d’obtenir  autour de 20% de grossesses par cycle. Dans notre centre, sur 1807 IIU effectuées entre 2009 et 2012, nous avons obtenus 21.9% de grossesses et 18.9% de naissances par cycle.

Ces taux de grossesse par cycle sont plus faibles que ceux obtenus par la FIV mais sont compensés par la possibilité d’enchainer les tentatives sur une courte période. L’IIU permet, lorsque le bilan d’infécondité  l’autorise, d’obtenir une grossesse en évitant les contraintes de la FIV.

Le taux de grossesse chute après la 4ème tentative, aussi le recours à la FIV, en cas d’insuccès, est  alors envisagé.

Le risque principal de l’insémination intra utérine reste la grossesse multiple. Nous avons eu dans notre centre, entre 2009 et 2012, 20% de grossesses gémellaires et  2% de grossesses triples.

 

Animation tirée d’un DVD pédagogique du laboratoire Schering-Plough. Nous précisons l’absence de lien entre le rédacteur et ce laboratoire.